Yvonne Sursock Cochrane: une vie pour le patrimoine.

Lundi dernier 31 août, Yvonne Sursock Cochrane disparaissait à l'âge de 98 ans. Cette infatigable pionnière de la préservation des trésors architecturaux de Beyrouth a consacré sa vie à cette ville, qu'elle appelait à redevenir le jardin du Moyen-Orient.

Yvonne Sursock Cochrane avait été blessée dans l'explosion du 4 août, alors qu'elle se trouvait sur la terrasse du palais éponyme, témoin de l'époque ottomane, et qui a lui-même été fortement endommagé.


Yvonne Sursock Cochrane. © Famille Sursock via AP

Famille de haute bourgeoisie, les Sursock ont évolué au cours des siècles dans les cercles cosmopolites d'Alexandre, de Beyrouth, du Caire et de Constantinople. Ils font fortune dans l'immobilier, la banque et le commerce. Ils contribuent notamment à financer le Canal de Suez. Ils font partie de l'élite politique européenne et ottomane, à tel point que le père d'Yvonne Sursock, Alfred Bey Sursock, est nommé secrétaire de l'ambassade ottomane à Paris en 1905.

Yvonne Sursock nait en 1922 de l'union de son père avec Donna Teresa Serra di Cassano, de noblesse napolitaine.

Elle épouse en 1946 Sir Desmond Cochrane, officier de l'armée britannique et consul honoraire d'Irlande en Syrie et au Liban.

Très sensible à la beauté et à la richesse des sites et du patrimoine de Beyrouth, malmenés par la guerre et en proie à une reconstruction chaotique qu'elle qualifiait "d'ordure", Lady Cochrane fonde en 1960 l'APSAD (Association pour la Protection des Sites et Anciennes Demeures), qu'elle présidera pendant 42 ans.


Le Musée Sursock en septembre 2019. © Fabrice Roy

Elle sera également directrice générale du Musée Sursock de Beyrouth entre 1960 et 1966 et encouragera tous les projets visant à aider les populations à rester dans leurs villages par la création d'emplois dans les domaines de l'agriculture et de l'artisanat.

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