Layla Dagher: les couleurs du Liban

Mis à jour : mars 26

Layla Dagher est une jeune artiste peintre figurative née à Beyrouth. Elle a étudié dans cette ville et obtenu son diplôme en arts visuels à l'Académie Libanaise des Beaux-Arts ( ALBA). Elle enseigne la peinture aux universités Notre-Dame de Louaizé et Al-Kafaàt de Beyrouth. Une interview exclusive de Fabrice Roy, Tourisme Culture Magazine® pour Mon Liban d'Azur.

Layla Dagher. © DR

Les influences

Mes peintures, ont été d'abord influencées par l'art primitif. J'ai commencé une série de toiles inspirées par l'art brut et le fauvisme. Mes couleurs sont toujours très fortes, j'aime beaucoup celles de Matisse ou même de Van Gogh, avec une texture toujours épaisse sur mes toiles. Au début, j'utilisais la peinture à l'huile mais au fil du temps, ma peinture a évolué et j'ai abordée d'autres techniques comme l'acrylique ou des éléments mixtes, afin d'explorer des créations plus modernes tout en restant dans le monde figuratif.

L'attrait pour la peinture?

Dès mon jeune âge, j'ai aimé le dessin et la peinture. Et quand je suis devenue adulte, je me suis naturellement incrite à l'ALBA. Pour moi, ce n'est pas une profession, je fais ce que j'aime, que ce soit lorsque je peins ou quand j'enseigne à l'université. Je n'ai jamais l'impression de travailler. J'ai choisi ma passion pour métier et ma famille m'a toujours aidé, car elle voulait que je fasse quelque chose que j'aime.

Couleur ou lumière?

Je suis toujours dans ces couleurs un peu fortes, j'ai l'impression que cela me correspond. J'ai quelque chose en moi qui me pousse à les utiliser. Et même, parfois, je sens que ces couleurs sont en quelque sorte les messagères de mon expression. Un contraste très fort peut exprimer ce que je veux transmettre. Il m'arrive aussi d'utiliser dans une même toile le collage, le pastel, le feutre. Je travaille toujours d'abord avec un fond coloré, puis, je répands la peinture. Je ne travaille pas avec un pinceau mais avec une carte de crédit, en plusieurs couches et j'applique le dessin dessus. J'essaye de créer des effets de transparence. Mes couleurs sont toujours énergiques, vives et leur combinaison à l'infini rend chaque œuvre unique.


Le langage de la peinture

La peinture est un langage universel, au même titre que la musique. Le spectateur qui regarde ma toile doit ressentir l'émotion que j'y mets. C'est mon but. Quand je peins, je ne réfléchis pas beaucoup. C'est l'émotion qui guide ma main. Quand j'ai travaillé sur Beyrouth, c'est la nostalgie qui était le fil conducteur. J'ai peint toutes les demeures anciennes qui sont devenues très rares aujourd'hui pour montrer qu'on était en train de perdre ce passé-là, cet héritage. L'artiste peut jouer un rôle très important dans la transmission d'un passé ou représenter un pont entre le passé et le présent.


Votre révolte

J'aimerais que les gens prennent conscience de la pollution, de l'urbanisation chaotique. Je veux travailler ça dans ma peinture. Actuellement je travaille sur la relation entre le milieu urbain et les hommes, qui cherchent leur identité dans la ville où ils vivent. Homme qui façonne la ville ou ville qui détermine les hommes?



Votre public

J'essaye de toucher un public toujours plus large, avec une ligne entre ceux qui aiment la pure abstraction et ceux qui préfèrent le réalisme. Je fais ce que j'aime avec les techniques que je choisis. Quand j'ai fini une toile, je sens qu'elle ne m'appartient plus. Elle appartient au public. Tout ce que j'ai ressenti, je l'ai déjà mis dans ma toile.

Tout ce que j'ai fait dernièrement a eu les suffrages du public. Plusieurs personnes m'ont dit que j'avais créé une vraie émotion. C'était presque trop positif!

J'essaye de ne pas trop dépendre de ce que je perçois du goût des gens. Si je fais ce que je ressens, ma peinture sera authentique... on ne peut pas plaire à tout le monde. Ce qui compte, c'est que je fasse ce que j'aime. Après on verra bien qui cela va toucher.

Expos et projets

Je n'ai pas encore exposé en dehors du Liban. J'ai notamment exposé au musée Sursock, au musée Gibran Khalil Gibran, à la biennale 2019 d'art contemporain au Musée Macam. Je suis en train de travailler avec l'entreprise Carré d'Artistes, qui font la promotion de ma peinture.


Tableaux représentés avec l'autorisation de l'artiste.

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