Décès du poète libanais Salah Stétié

Né en 1929 dans une famille de la bourgeoisie sunnite à l'époque du mandat français, écrivain, diplomate, Salah Stétié s'est éteint le 20 mai dernier dans son appartement parisien. Il laisse un héritage de plus de 250 œuvres, littéraires, mais également des peintures, des photographies, des sculptures. Libanais, il avait choisi d'écrire en français et s'était assuré la collaboration de nombreux artistes peintres, parmi lesquels Alechinsky, Titus Carmel, Zao Wou-Ki ou encore Jan Voss.

Salah Stétié lors de l'inauguration de la salle éponyme au Musée Paul Valéry de Sète, en 2017. © Musée Paul Valéry

Grand prix de la francophonie en 1995, Salah Stétié fut ambassadeur du Liban à de nombreuses reprises, à l'UNESCO, aux Pays-Bas et au Maroc. Il poursuivit parallèlement une carrière d'écrivain et d'artiste, qui a toujours tenté de consolider les passerelles entre Orient et Occident. Parmi ses ouvrages les plus récents, "En un lieu de brûlure", recueil de ses écrites, paru chez Robert Laffon en 2009, dont est tiré cet extrait:


" Ma lumineuse ma liée mon adorante

Dans tes rectangles nuageux une bougie

Par forme et par façon de nuit tremblante

Voilant ton nom d’embrasement nocturne

Et tout le sang qui fait briller ton corps en blé

Comme une neige endormie dans la neige

Au carrefour de toute lampe divisée

Non frontalière de l’esprit ni des fragments"

(L'être-poupée)


Salah Stétié - Jean Cortot. Cinq dictées de la mélancolie. Maeght. Impr 2001. © Musée Paul Valéry

Une salle du Musée Paul-Valéry à Sète, est entièrement consacrée aux œuvres de Salah Stétié, qui disait volontiers "J'appelle âme, ce qui ne cicatrise pas".

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